Edouard raconte sa transat à bord de Vaa Nui

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A quelques jours de la transatlantique retour pour toute la famille (en avion cette fois), je me dépêche pour achever enfin cet article demandé par Tony et Clem mais sans cesse reporté, le récit de la transatlantique aller à bord de Vaa Nui – en espérant qu’ils acceptent de publier ce récit réchauffé mais bien conservé.

Vous avez eu l’occasion de lire sur ce blog les notes quotidiennes de Tony et Clem pendant la traversée ainsi que le récit franc et direct de Clémence quelques heures après l’arrivée. A mon tour de donner ma version avec quelques mois de recul…

Pour commencer je dois avouer que traverser l’Atlantique fait partie de ma « To Do List » depuis longtemps. La satisfaction d’avoir réalisé un rêve d’ado et le temps auront peut-être eu tendance à déformer la réalité et à effacer un certain nombre de désagréments que nous avons connu pendant ces 13 jours en mer.

J’ai quand même été un peu cueilli à froid au début de la traversée. Antoine avait loué mes expériences hauturières mais mes navigations côtières et ma participation à un Fastnet de « demoiselle » ne m’avait pas préparé à la version Transatlantique de la chose ou tout est plus puissant, plus long et sans perspective d’apaisement. Comme disait Clémence, on cherche parfois le bouton STOP. L’année 2014 s’est donc terminée par un mal de mer et un repas rendu au poisson. On nous avait prévenu, il faut 2-3 jours pour se mettre dans le bain.

Nous avons donc commencé à reprendre des couleurs à partir du 1er janvier. Journée charnière car nous avons péché notre première dorade coryphène. Quel pied de pécher un si beau et si gros poisson, 15 kg au moins ! La pression était grande car Tony et Clem avait vendu aux enfants des talents de pêche que je n’ai jamais eu. Heureusement j’avais été bien conseillé en achetant du matériel avant de partir. La pêche fait partie de mes meilleurs souvenirs de cette traversée. Chaque poisson était une fête à laquelle tout le monde participait pour remonter, préparer, cuisiner et manger le poisson. Et puis mine de rien, attraper un poisson ça casse un rythme qui est un peu monotone et parfois abrutissant.

Le bateau étant hyper fiable et la météo relativement constante nous avons très peu bricolé et peu manœuvré. Mais quel bonheur pour un marin de ne faire que du portant sans avoir à tirer un seul bord au près ! Nous avons passé 13 jours avec le vent venant de derrière et une houle de plusieurs mètres par l’arrière qui nous a fait enchainer les surfs à 15 nœuds. Le plus beau surf revient à Antoine avec 19,4 nœuds mais il faut reconnaitre que sur celui-là on ne faisait pas les malins… Quelques minutes plus tard, la grand-voile était arrisée et nous naviguions sous voilure réduite avec plus de 50 nœuds de vent. C’était le 7 janvier et ce jour-là c’était aussi la tempête dans les rues de Paris.

Le quotidien à bord était rythmé par les repas qui étaient l’occasion pour chacun de démontrer ses talents de cuisto, les jeux avec les enfants ou le duo Adrien/Augustin affrontait tous les jours Martin et moi dans des parties de Kems épiques et des grandes séances de lecture dans le carré allongé sur le Fatboy. Ce quotidien était un peu différent et nettement moins reposant pour Tony et Clem qui devaient occuper 4 enfants très dynamique en manque d’espace. Ils ont été d’une patience admirable.

Ce fut un très grand plaisir de partager avec toute la famille ce beau projet qu’ils préparent depuis plus de 2 ans. Ca a aussi été l’occasion de passer du temps avec mes neveux et mon filleul. Je remercie Tony et Clem pour ce beau cadeau que vous m’avez fait ainsi que Juliette que j’ai lâchement abandonnée avec un enfant et ½ toute seule à Paris.

Antoine
2 commentaires
  1. Tardif mais très chouette texte! On s’y croirait, avec une vision différente des expériences déjà partagées.
    Merci!!!

  2. Récit fort qui rend bien compte de l’intensité des sensations à bord. Clémence nous avait déjà donné un aperçu du vécu
    d’une maman dans la tourmente, vous êtes marins autant qu’écrivains. Bravo !!

    Bon retour en France pour la famille Jomier.
    Merci mille fois d’avoir partagé votre aventure.

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